Les écoles françaises d'iran en 1933
Légation de la République française en Perse
Direction des Affaires Politiques et Commerciales
Service des Œuvres Françaises à l’Etranger
Ecoles
Téhéran le 28 décembre 1932
N°26
Monsieur Gaston Maugras
Ministre de France en Perse
A Son Excellence Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, à Paris
Subvention pour 1933.
J’ai l’honneur d’envoyer ci-joint au Département mes propositions de subventions pour l’exercice 1933.
Mes Lettres N°24, 28 et 33 des 26 août 4 et 31 octobre ont exposé quel coup cruel et imprévu avait frappé à la veille de la rentrée des classes nos œuvres de Perse. Nos effectifs scolarités, surtout en province, ont été décimés. Si nous n’envisagions nos subventions strictement que comme un placement, il est indéniable qu’elles devraient être diminuées. Mais le Département ne voudra certainement pas les envisager ainsi et achever d’accabler nos établissements en les privant de leurs ressources par ce qu’ils ont été privés de leurs élèves. Nous ne pouvons, parce que depuis quatre mois nous n’en tirons plus q’un profit restreint, retreindre aussi les témoignages de notre sollicitude à l’égard d’œuvres qui depuis près d’un siècle ont tant travaillé pour nous et à si bon compte. Il y a là un ordre de considération sur lequel il est inutile d’insister.
Atteints à l’improviste, Lazaristes et Filles de la Charité ne voient pas encore bien vers quelles décisions ils doivent s’orienter. Leur faut-il abandonner résolument les positions condamnées pour se concentrer sur celes qui sont encore défendables ou bien continuer de les tenir aux moindres frais en attendant des jours meilleurs, ou bien en s’y maintenant essayer de se consacrer à des formes d’activité un peu différentes, c’est là un problème très complexe et qui ne peut être résolu au pied levé. Nous devrons bien entendu, dans l’avenir, mesurer nos subventions aux résultats obtenus. Cette année nous ne pouvons demander de comptes ; nous ne pouvons que faire confiance à la bonne volontés des hommes, a leur désir de servir les deux causes qu’ils n’ont jamais dissociées.
J’ai donc laissé subsister telles quelles les subventions des Lazaristes de Téhéran, d’Ispahan, de Tauris et d’Ourmiah, celles des Sœurs de Téhéran, de Tauris et d’Ispahan.
Je n’ai pas eu par contre à inscrire la subvention de 4500 francs à Mme Thomassin ; cette femme est morte il y a un mois. Je propose de supprimer la subvention de 1200 francs aux écoles gouvernementales de Tauris sur l’emploi de laquelle nous n’avions aucun contrôle et qui dans les circonstances actuelles n’avait plus raison d’être.
Je porose de ramener de 6000 à 5000 francs la subvention à l’Alliance Française de Téhéran. Cette Association a à l’heure actuelle une situation financière assurée. Elles peut sans dommage subir une réduction de crédit et il me semble d’ailleurs qu’il n’est pas mauvais de ne pas lui faciliter la vie au point qu’elle n’ait plus à se chercher des ressources dans le recrutement de nouveaux membres, dans l’organisation de représentations théâtrales, dans des prêts de livres etc. … Quelques préoccupations budgétaires seront toujours un stimulant de son activité. CE ne sont là, bien entendu, que des réflexions d’ordre général. Jamais l’Alliance Française n’a eu autant de rayonnement que ces dernières années.
L’Ecole de l’Alliance Israélite à Téhéran reçoit depuis quelques années une subvention de 6000 francs qui en soi est justifiée par le nombre d’élèves, la qualité des études et l’infini dévouement du Directeur à sa tâche. Mais je n’ai jamais connu d’autre cas d’une école de l’Alliance Israélite subventionnée directement par le Département et je présume donc cette subvention accordée à M. Nassi avait, dans l’esprit de M. Wilden qui l’a demandée comme celui du Département, un caractère un peu exceptionnel. Au cas donc où le D2partement ne pourrait éviter de faire subir à nos œuvres l’effet des compressions budgétaires, je me permets de lui signaler qu’il ne serait pas inadmissible de réduire de 1000 ou 2000 francs la subvention de l’Alliance Israélite de T2héran.
Par contre je ne peux me dispenser de transmettre au Département une requête de notre Consul à Tauris en faveur des Sœurs d’Ourmiah. M. Mourey m’écrit à leur sujet :
« Après une longue interruption forcée, leur maison fût ouverte en octobre 1931 par la sœur Corman, revenue de France avec deux de ses compagnes. La Soeur Corman était déjà depuis longue date en ce pays, où elle fût le témoin oculaire des sinistres évènements de 1918.
La tournée que j’ai faite dans cette région en Septembre dernier m’a permis de me rendre compte des efforts courageux déployés par la Sœur Corman pour, en premier lieu, assurer un toit à la mission. Je ne crois pas nécessaire d’insister à nouveau sur le désastre que celle-ci avait subi en 1918. L’établissement prospère qui avait été édifié à grand peine et à gros frais fut alors complètement saccagé.
En Octobre 1931, la Sœur Corman réussit, au pris de mille difficultés, à trouver une maison, exigüe, incommode, pour laquelle le propriétaire exige une location mensuelle de quarante tomans, alors que la moitié de cette somme serait un loyer suffisant. Mais il fallait se loger, et les conditions imposées ont dû être acceptées.
Etablies dans une région où l’élément chaldéen, qui a donné des preuves de ses sympathies pour notre pays, est nombreux, les Religieuses servent de leur mieux la cause française. Je ne puis que recommander chaleureusement leur cas à Votre bienveillante autorité pour leur faire attribuer une allocation de 5000 francs dont elles ont réellement besoin. »
Le moment est assurément mal choisi pour encourager de nouvelles semailles sur un sol voué désormais à la stérilité. Le Département jugera si dans un sentiment de charité et par pitié envers les tristes souvenirs de 1918 il veut donner une petite somme de 2 ou 3000 francs aux sœurs d’Ourmiah.
ALLOCATIONS AUX ŒUVRES FRANCAISES EN PERSE
Exercice 1933
Francs
Alliance française 5000 --- 4000
Collège St-Louis 32000 --- 30000
Lazaristes d’Ispahan 5000 ---- 4000
Lazaristes de Tauris 15000 --- 12000
Lazaristes d’OUrmiah 5000 ---- 4000
Filles de la Charité de Téhéran 20000 ---- 16000
Filles de la Charité de Tauris 5000 ---- 4000
Filles de la Charité d’Ispahan 5000 ---- 4000
Filles de la Charité d’Ourmiah ? --- 2000
Ecole centrale arménienne de Tauris 1200 ---- 1000
Œuvre de Mgr. Nissan à Senneh 3000 --- 2000
Ecole de l’Alliance Israélite à Téhéran 6000 --- 5000
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Total/ … 102 000 – 88 000